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Camille Vital : « Il faut savoir rester à l’écart quand on ne fait pas le poids »

Camille vitalL’ancien Premier ministre de la Transition et candidat malheureux à la dernière présidentielle a décidé de prendre du recul dans le Fokontany d’Amboandelaky, Commune rurale de Vineta dans le Sud. Il suit toutefois la situation politique. Interview.

Midi : Comment voyez-vous la situation politique actuelle ?

Camille Vital : « Si l’on se réfère à la situation actuelle, nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Le pays n’est pas tout à fait sorti de la crise. Le gouvernement actuel semble avoir du mal à solutionner les difficultés vécues au quotidien par la population, notamment la recrudescence de l’insécurité. L’on constate une énorme lenteur administrative. Les fonctionnaires et les employés des Collectivités Territoriales Décentralisées se plaignent du manque de moyens pour faire leur travail. Toutefois, diriger un pays qui a traversé une longue période de crise n’est pas une mince affaire. Les dirigeants actuels ont besoin d’aide pour sortir de cette impasse. Tout le monde doit apporter sa contribution au développement du pays ».

Midi : En tant qu’Officier Général, comment voyez-vous la situation au sein des Forces armées ?

C.V : « Les militaires ont toujours été solidaires et unis. Cependant, ils sont parfois exploités par les politiciens. D’ailleurs, c’est une pratique courante presque partout dans le monde. Ce n’est pas la première fois que les forces armées traversent ce genre de situation. Les militaires ont toujours été victimes durant les changements successifs de régime. Je tiens cependant à préciser qu’il n’y a pas de conflit au sein des Forces armées. Ce sont toujours les politiciens qui véhiculent les rumeurs d’une éventuelle scission au sein des forces de l’ordre. A mon avis, les rumeurs d’un éventuel coup d’Etat militaire sont infondées. Je lance d’ailleurs un appel à l’endroit de mes frères d’armes afin de s’unir pour la mise en œuvre des résolutions prises au cours des Assises militaires d’Ivato ».

Midi : Que pensez-vous du phénomène « dahalo » ?

C.V : « C’est triste de voir que plusieurs éléments des Forces de l’ordre perdent leur vie dans la lutte contre les dahalo. Il faut que le régime fournisse le maximum d’efforts pour juguler ce fléau. Pas de développement sans sécurité. L’insécurité fragilise l’économie. Les dirigeants devraient être conscients que Madagascar est composé de 22 régions et non pas uniquement de grandes villes. Une décentralisation effective est importante pour une répartition équitable des ressources. Il faut donner aux forces de l’ordre les moyens nécessaires et adéquats pour combattre l’insécurité. Je me réjouis de constater que les 350 véhicules 4×4 ont été répartis aux forces de l’ordre comme je les destinais moi-même, mais ils sont concentrés dans les grandes villes. Les zones enclavées semblent avoir été oubliées ».

Midi : Quelle est votre position politique actuelle ?

C.V : « J’ai choisi de prendre du recul. Je vis actuellement en tant qu’agriculteur dans le Fokontany d’Amboandelaky, Commune rurale de Vineta, dans la partie Sud du pays. Pour ce qui est de l’association Hiaraka Isika, nous envisageons d’organiser prochainement notre assemblée générale en vue de modifier le statut de l’association en parti politique. L’objectif étant de participer aux prochaines élections communales et régionales ».

Midi : Quid de votre relation avec l’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina ?

C.V : « Je n’ai aucun problème avec lui, ni avec qui que ce soit du reste. Cependant, il n’y a plus aucun contact entre nous. Il ne m’appelle pas, moi non plus, je ne l’appelle point. Toutefois, je ne le considère pas comme un ennemi. Au contraire, je comprends le contexte qui l’a forcé à m’évincer de la Primature ».

Midi : Et vos rapports avec le Président Hery Rajaonarimampianina ?

C.V : « Je n’ai non plus aucun contact avec lui. Toutefois, s’il le souhaite, je suis disposé à apporter ma contribution dans l’intérêt de la Nation. Qui plus est, Hiaraka Isika est par le nombre de ses députés, la quatrième force politique à l’Assemblée nationale qui n’est pas représentée au sein du gouvernement alors que parmi les conseillers du Président de la République, il y a des personnalités qui ont été de tous les régimes. Il faut savoir rester à l’écart quand on ne fait pas le poids. Le Président ne devrait avoir aucune complaisance envers les maillons faibles ».

Propos recueillis par Davis R - Midi madagascar - 11.09.14