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Croissance inclusive : la Banque mondiale propose des pistes de réflexion

Beautiful jacaranda antananarivo madagascar La croissance économique malgache était en moyenne de 5% par an entre 2009 et 2013 tandis que le revenu par habitant en 2013 est retombé à son niveau de 2003. Le PIB était de 27 918 ariary par habitant en 2013 alors qu’il était de 27 478 ariary en 2003.

La proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté (déjà élevée avant la crise) a augmenté de plus de 10 points de pourcentage. Aujourd’hui, on estime que 92% des malgaches vivent sous le seuil international de pauvreté de deux dollars par jour, et pas moins de trois quarts de la population ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins alimentaires.

Pour la réduction des risques d’instabilité


En se basant sur une vision du développement pour la prochaine décennie, la Banque mondiale a produit au cours du premier semestre 2014 une collection de dix-huit notes de politique économique. Ces notes sont articulées autour de trois grands thèmes, à savoir la croissance et la prospérité partagée, la prestation de services inclusifs et la gouvernance.

« Ayant émergé d’une crise politique de cinq années, le pays a besoin de reprendre le chemin de la croissance. Toute reprise économique a un impact positif sur un grand nombre de personnes, mais pour que la croissance soit durable et bénéficie au plus grand nombre, il est nécessaire de mettre en place des politiques appropriées » a souligné Coralie Gevers, responsable des opérations de la Banque mondiale à Madagascar. « Un meilleur partage des dividendes de la croissance permettra de réduire les risques d’instabilité politique et sociale », a-t-elle ajouté.

D’après la Banque mondiale, si le secteur privé a un rôle fondamental à jouer en tant que créateur d’emplois, le rôle du gouvernement est de maintenir la stabilité macroéconomique et de créer un environnement favorable aux investissements via l’établissement d’un cadre règlementaire adéquat. Le gouvernement doit également assurer la fourniture de biens publics en collaboration avec le secteur privé et les partenaires extérieurs, notamment les services sociaux de base tels que l’éducation et la santé, mais aussi un accès fiable à l’électricité (seuls 14% de la population malgache ont accès à l’électricité), une connectivité physique et virtuelle (l’accès à l’internet n’est que de 2,2%), et la collecte et la diffusion d’informations essentielles pour la prise de décision.

Croissance économique non soutenue


Si le pays a enregistré des périodes de prospérité, historiquement, il n’a pas été en mesure de pérenniser cette croissance. « Pourtant, Madagascar devrait être en mesure de connaître un décollage économique semblable à celui vécu par les pays d’Asie orientale », estime Keiko Kubota, économiste principal du bureau de la Banque mondiale.

Aussi, pour que Madagascar puisse s’inspirer de leurs réussites, quelques ajustements seront nécessaires. « Ces pays ont construit leur succès sur leur dotation en main-d’œuvre abondante et productive, complétée par une accumulation rapide de capital. Madagascar pourrait capitaliser sur l’abondance de ses ressources naturelles pour mettre le pays sur la voie d’une croissance durable », précise l’économiste de la Banque Mondiale.

Si la Grande île semble avoir jusqu’à présent été épargné par la « malédiction des ressources naturelles », c’est en partie parce que ses ressources sont suffisamment diversifiées (le secteur minier ne représentait qu’environ 5% du PIB en 2013, loin derrière le secteur agricole dont dépend pour sa survie 80% de la population), entre autres une biodiversité inégalée, un grand potentiel agricole, des ressources minérales et une main-d’œuvre abondantes ; autant de facteurs qui devraient assurer la prospérité du pays, estime la Banque Mondiale. En revanche, le pays n’est pas à l’abri d’un tel syndrome si de solides institutions ne sont pas mises en place.

Keiko Kubota d’expliquer que « la bonne gouvernance permettra au pays de tirer le meilleur parti des ressources disponibles, l’établissement d’un cadre règlementaire approprié permettant d’améliorer le climat des affaires, d’attirer les investissements et d’encourager la concurrence ». Les notes sont organisées autour des types d’actifs, regroupés en quatre catégories : les institutions, le patrimoine naturel, le capital physique et le capital humain. Cette nouvelle collection met à jour la précédente collection de notes publiée en juin 2010.

Source | Orange.mg |05.09.14 |