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Commission de l'océan Indien : tirer le meilleur profit de la mer

À Moroni, les chefs d'État et de gouvernement de la Commission de l'océan Indien ont identifié les moteurs de progrès de la région.
Commission de l ocean indien
Les Comores, Maurice, les Seychelles, Madagascar auxquels se joint la France, impliquée du fait de sa souveraineté sur La Réunion et Mayotte, viennent de confirmer fin août, par les chefs d'État et de gouvernement, l'importance d'améliorer la desserte maritime et aérienne entre les îles. L'enjeu, au-delà de la facilitation de la circulation des biens et des personnes, est de développer le commerce ainsi que l'industrie du tourisme. Le Premier ministre mauricien a ainsi indiqué que son pays dispose des infrastructures portuaires et aéroportuaires pouvant agir comme plaques tournantes pour faciliter les échanges entre les îles.

Favoriser les échanges commerciaux entre les îles


En ce qui concerne les échanges commerciaux entre les îles de l'Indianocéanie, il est établi qu'ils ne s'élèvent qu'à 4 % de la totalité du commerce régional. Sur le plan touristique, la situation n'est pas brillante non plus. Toutes les îles de l'océan Indien confondues ne parviennent pas à attirer plus de 2 millions de touristes par an. Pourtant, les statistiques démontrent que ce secteur enregistre une croissance de près de 9 % dans certains pays de l'Afrique australe.

Une des explications de cette situation serait la faiblesse des moyens de communication entre les îles de l'océan Indien. Il faut en effet se rappeler qu'il n'y pas de vol quotidien régulier entre toutes les îles et il n'existe aucune société maritime régionale assurant le transport de marchandises dans la zone. Au chapitre du transport aérien régional, le communiqué, publié à l'issue de ce quatrième sommet tenu le 23 août dernier à Moroni, fait ressortir que les autorités des pays de l'océan Indien explorent "des solutions concrètes, ayant pour objectif de mettre en place au moins un vol régulier entre les États membres de la COI à des tarifs abordables".

Une plateforme envisagée autour du numérique


Les responsables des États de l'Indianocéanie ont également insisté sur l'amélioration de la connectivité numérique qui sera d'un grand apport pour les entreprises, l'investissement et le transfert de technologies dans la région sud de l'océan Indien. Lors d'un point presse en avril dernier, Jean-Claude de l'Estrac, le secrétaire général de la COI faisait ressortir que "le numérique a un impact infiniment plus fort et qui ira croissant : le taux de pénétration du téléphone mobile à Maurice est supérieur à 100 %, le taux de pénétration d'Internet de 29 % ; à Madagascar on compte (2012) trois millions d'utilisateurs de l'Internet mobile et 10 millions d'utilisateurs de mobiles ; à La Réunion le taux d'équipement internet est de 64 % ; aux Seychelles, enfin, le taux de pénétration internet est de 40 %". La COI envisage donc la création d'une "plateforme qui permettrait d'accéder aux contenus en direct, en vidéo à la demande, ou en continu par le biais de tous les types de terminaux : TV connectée, ordinateur, tablette, ou smartphone".

Développer l'économie liée à la mer


Le développement de l'économie bleue est l'autre piste principale identifiée par le sommet des chefs d'État. Dans une récente communication, le secrétariat général de la COI faisait ressortir que "plus de 20 % du thon commercialisé dans le monde provient de l'océan Indien, soit près d'un million de tonnes pour une valeur marchande au débarquement de quelque 2 milliards de dollars". Toutefois, il y a un risque de surexploitation qu'il ne faut pas sous-estimer. Pour le prévenir, la COI a initié un ambitieux programme de marquage des thons. "Entre 2005 et 2009, plus de 168 000 thons ont été marqués et plus de 30 000 recaptures ont été enregistrées", indique d'ailleurs un rapport de la COI. Il faut dire que l'océan Indien regorge des richesses sous-marines.

"L'Indianocéanie est aussi le plus fort potentiel de production d'hydrocarbures au monde, particulièrement dans le canal du Mozambique qui disposerait de réserves de gaz quatre fois supérieures à celles du Qatar", déclarait le secrétaire général de la COI, lors d'une conférence en Chine, en novembre dernier. Le secteur des énergies renouvelables se développe rapidement dans la région, plus particulièrement à La Réunion. Dans ce département français les autorités assurent la mise en oeuvre des projets d'énergies renouvelables d'origine marine, de climatisation à l'eau issue des profondeurs océaniques, ou encore de cultures d'éponges et algues à des fins pharmaceutiques.

Outre ces deux axes majeurs de développement régional, François Hollande, Ikililou Dhoinine, James Michel, Hery Rajaonarimampianina respectivement président des Comores, des Seychelles, de Madagascar et Navin Ramgoolam, Premier ministre de Maurice ont, à l'occasion de ce quatrième sommet de la COI, présidé par le chef de l'État malgache, renouvelé "leur engagement à promouvoir les intérêts à long terme de l'Indianocéanie sur le plan du développement du développement durable". Ils rappellent également la nécessité d'un environnement maritime sécurisé. Les chefs d'État et de gouvernement apprécient des efforts consentis par les pays de la région pour assurer la sécurité maritime dans la zone et "se félicitent des résultats apportés par l'Unité anti-piraterie de la COI basée aux Seychelles". La question de Mayotte sur la table

Les participants au sommet auront noté que le président du pays hôte, Ikililou Dhoinine n'a pas manqué d'évoquer l'un des sujets qui fâchent entre son pays, les Comores, et la France. Il a indiqué que les gouvernements des deux pays entendent parvenir à un accord pour gérer le contentieux autour de Mayotte, département français revendiqué par l'État comorien. "Nous avons signé avec Paris une déclaration commune dans laquelle nos pays entendent trouver une solution à ce triste différend", a déclaré le président comorien. Et dans foulée, il a plaidé pour la libre circulation dans l'espace COI et plus encore entre les îles de l'archipel des Comores, dont Mayotte, devrait-on entendre.

François Hollande a pour sa part déclaré : "Nous nous devons d'empêcher que des familles prennent le risque de s'embarquer sur des bateaux de fortune pour aller à Mayotte", avant d'ajouter : "Vouloir maîtriser les migrations, c'est lutter pour le développement." Le président français a rappelé que c'est "une volonté partagée de développement et de coopération" qui réunit les îles de l'Indianocéanie et a appelé les autres chefs d'État et de gouvernement à "assurer une grande mobilisation en vue de Paris Climat 2015 pour un accord contraignant, juste, équitable" dans la cadre de la recherche des solutions pour un développement durable et solidaire.

Le Point|02.09.14 |
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